de Nouakchott à Saint-Louis

Jeudi 27 octobre : Après une bonne nuit de repos, nous reprenons la route. La route ? Suite à des pluies diluviennes qui ont fait déborder les marais situés le long du fleuve Sénégal, la plage au nord de Saint-Louis est sous les eaux. Le point de passage le plus proche est donc Rosso, seul axe en 1994 où la route est goudronnée hors agglomération. Nous ferons sur cette route 2 rencontres surprenantes.

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Demi-tour ! Je retourne sur Nouakchott prendre la route bitumée qui conduit à Rosso… Arnaud de Rosnay  Seul avec un speed sail chargé pour être autonome, la plage lui était impraticable. Comme nous, la dernière solution fut de passer par les terres pour avoir un sol dur.

Première rencontre : en plein désert, cela fait plusieurs heures que nous n’avons pas vu de véhicule puis, en pleine ligne droite interminable se trouve un checkpoint gardé par UN seul et unique militaire. Nous nous faisons arrêter pour contrôle. Etant surtout très curieux de voir 3 martiens sur sa route (les voiles sont vertes), nous pouvons repartir assez vite.

Tout en roulant, nous observons que la végétation change et nous abordons les premiers oasis. Le soir, nous bivouaquons non loin de Tiguent avec comme voisins nos premiers scorpions.

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Après avoir passé le checkpoint, cela fait plusieurs heures que nous avançons. Le premier véhicule que nous voyons enfin et qui nous double est un bus d’apparence suspecte avec ses fenêtres grillagées. Après une centaine de mètre le bus ralenti et la totalité des fenêtres latérales s’ouvrent. Nous nous attendons à être mitraillé. Ce fut le cas… par des chinois avec leurs appareils photos 🙂 Ce délire durera plusieurs dizaines de minutes. Comment faire pour retrouver leurs traces et récupérer des photos ?

Vendredi 28 octobre : Nous avançons avec un vent instable et la route devient vallonnée. D’ailleurs, en bas d’une descente, ma voile passe à contre vent et je termine dans le fossé avec un diabolo de cassé.

Deuxième rencontre : improbable, alors que nous faisons une pause à l’ombre d’un arbre, un groupe de femmes surgit de nul part pour clairement venir à notre rencontre. Nous sommes invités à passer les quelques petites dunes qui longent la route et là, par magie, nous découvrons un campement de nomades.

Notre deuxième bivouac sur la partie sud de la Mauritanie se fait à 15 kms de Rosso. Nous passons la soirée à boire du thé et à réparer les chambres à air. En effet, nous avons subi sur les deux derniers jours une vingtaine de crevaisons à cause des épineux qui longent la route.

Samedi 29 octobre : Sur une route encore plus vallonnée et très peu de vent, nous repartons pour Rosso, point le plus proche où nous pouvons passer la frontière avec le Sénégal. Dans le centre de Rosso, un petit âne tractant une charrette se met à faire une marche arrière et rencontre la voile de Catherine : crac ! Heureusement nous avions prévu du matériel de secours.

Cette traversée se fait par un bac sur le fleuve pour rejoindre Rosso, mais cette fois-ci au Sénégal, car la ville de part et d’autre du fleuve porte le même nom. Les autorités sénégalaises refoulent les 3 guides mauritaniens avec leur 4×4 à cause de leur nationalité. Après d’âpres discussions et un droit de passage de 4 500 francs CFA tout rentre dans l’ordre.

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Catherine se voit aborder par un admirateur qui lui propose de se marier avec lui contre une case, autrement dit une petite maison. Malgré cette grande générosité Catherine décide de continuer son chemin en notre compagnie. Pas d’inquiétude car çà ne sera pas la seule à avoir une telle proposition, bientôt ce sera aussi mon tour .

Sur un speed sail, la route entre Rosso et Saint-Louis est beaucoup plus problématique. La circulation est beaucoup plus dense avec une végétation plus abondante qui nous coupe le vent. Autant être franc, sur cette route où les camions roulent vite je ns suis pas fier. Notre premier bivouac au Sénégal est près de Tilène. Une nuit d’horreur où les moustiques, gros comme des vaches, auront raison de notre patience. En pleine nuit, nous décidons de lever le camp pour nous poser une cinquantaine de kilomètres plus loin sur la plage de Saint-Louis.

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Je poursuis vers Saint-Louis sur la route. En plein jour la circulation est intense… Dans le flot des véhicules qui me croisent… je n’ai pas le droit de tomber, trop dangereux… Arnaud de Rosnay  Même route, mêmes constatations, mêmes craintes. Le trajet entre Rosso et Saint-Louis n’a pas été le plus intéressant.

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